Présentation de la journée d’étude

Lorsque nous accompagnons les familles de nombreuses questions se posent autour de leur culture d’origine. Nous avons pu constater une difficulté pour elles de faire récit de leur histoire, notamment pour les jeunes générations, et aussi une difficulté pour les professionnels à aborder les questions de « culture » avec les familles.

Cette « mise en tension » peut entrainer du côté des familles une revendication plus forte de leur culture, croyance d’origine.
Du côté des professionnels on peut voir apparaitre une crainte de déroger aux principes de l’universalisme s’ils interrogent,
dans leur accompagnement, les spécificités culturelles de la famille.
Comment mettre en mots aujourd’hui, pour les familles et les professionnels,ces questions de culture et d’identité ? C’est dans l’expérience partagée et dans le discours des parents (ce qu’ils racontent de leur histoire et de l’histoire de la famille) que se construisent l’identité et l’appartenance familiale. Le récit devient
alors moyen de transmission. Cependant l’histoire du voyage migratoire peut être si douloureuse que certains parcours sont
tus, mis au secret, tant les blessures sont à vif.

Transmettre son histoire c’est donner des renseignements, réveiller des souvenirs, raviver des émotions mais comment faire lorsque ce récit est traumatique ?

Quand ce récit familial n’est pas transmis entre ceux qui sont partis et ceux qui sont nés en terre d’accueil, on peut émettre l’hypothèse que la construction identitaire et le sentiment d’appartenance, des jeunes générations, sont mis à mal. C’est un facteur de vulnérabilité qui peut les conduire à se relier à une « culture sauvage,urbaine » et des identités bricolées.

Le récit, la transmission sont des facteurs indispensables à la construction identitaire. Pour ces générations privées de transmission, quel avenir identitaire ?

Les professionnels qui travaillent auprès des familles ressentent fortement ces tensions autour des questions liées à la croyance et aux origines des personnes. Ils se sentent souvent démunis face à ces problématiques d’autant plus qu’elles peuvent provoquer en eux un effet de résonance. Quels sont les outils et mots possibles pour le professionnel pour aborder les questions liées à la culture ? Quelle est la place du transfert, celle du contre transfert entre les croyances, valeurs, représentations du professionnel et celles de la famille ?

Nous proposerons à des chercheurs, praticiens et professionnels de disciplines différentes de débattre et nous apporter un éclairage sur ces questions. Nous entamerons ainsi une réflexion collective autour de ces sujets afin d’en dégager une lecture partagée voire des pistes
d’actions.

Président Espace Droit Famille

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